Droit des étrangers · Asile
Recours devant la CNDA après un rejet de l’OFPRA
Un rejet de l’OFPRA n’est pas la fin de la demande. La Cour nationale du droit d’asile réexamine l’affaire entièrement, mais le délai de recours est bref et court à compter de la notification.
Ce qu’il faut sous la main
- La décision de l’OFPRA et son enveloppe ou son accusé de réception.
- Le compte rendu d’entretien, s’il vous a été transmis.
- Votre récit initial et les pièces déjà produites.
- L’attestation de demandeur d’asile en cours de validité.
- Toute pièce nouvelle obtenue depuis l’entretien.
La date de notification détermine tout : gardez l’enveloppe.
Le calendrier du recours Délais et durées vérifiés sur Légifrance le 9 septembre 2026.
1 mois
Pour saisir la CNDA à compter de la notification de la décision de l’OFPRA
Séjour
Le recours permet, dans la procédure de droit commun, de rester en France pendant son examen
Audience
Formation collégiale ou juge unique selon la procédure suivie devant l’OFPRA
Après
Pourvoi en cassation devant le Conseil d’État, limité aux erreurs de droit
Sur cette page
Ce que juge la CNDA
La Cour nationale du droit d’asile n’est pas une instance de contrôle de l’OFPRA. Elle statue de plein contentieux : elle reprend le dossier depuis le début et se prononce elle-même sur le droit à la protection, au vu de la situation telle qu’elle existe au jour où elle juge.
Cela change tout dans la manière de construire le recours. Il ne s’agit pas de démontrer que l’OFPRA a mal raisonné, mais d’établir devant la Cour, avec les moyens et les pièces qui conviennent, que les conditions de la protection sont réunies. Des éléments nouveaux, postérieurs à l’entretien, peuvent être produits.
La Cour peut reconnaître le statut de réfugié, accorder la protection subsidiaire, ou rejeter le recours. Ces trois issues n’emportent pas les mêmes conséquences sur le titre de séjour délivré ensuite.
Pourquoi l’OFPRA rejette, et ce que cela implique
Les décisions de rejet reposent rarement sur une contestation des faits eux-mêmes. Elles tiennent le plus souvent à la manière dont le récit a été reçu : déclarations jugées imprécises ou stéréotypées, chronologie incertaine, absence de lien établi entre les craintes et l’un des motifs de la Convention de Genève, ou possibilité supposée de protection ailleurs dans le pays d’origine.
Lire la décision de près est donc le premier travail : chaque motif de rejet indique ce que le recours devra établir. Un récit jugé imprécis appelle des faits datés et situés ; un lien contesté avec un motif conventionnel appelle une démonstration juridique ; une protection supposée disponible appelle de la documentation sur le pays.
Le délai court déjà
Envoyez la décision de l’OFPRA dès aujourd’hui : la date de notification détermine la suite.
Ce qui se joue à l’audience
L’audience est courte et décisive. Le demandeur est entendu, avec un interprète dans la langue qu’il a demandée, et répond aux questions de la formation de jugement. C’est souvent la première fois que le récit est exposé oralement devant des juges.
La préparation porte moins sur le contenu du récit — qui appartient à la personne — que sur sa restitution : savoir ce qui sera demandé, comprendre pourquoi tel point est interrogé, ne pas être surpris par une question sur une date ou un lieu. Le choix de la langue d’interprétariat, demandé dès le recours, mérite une attention particulière.
Les pièces qui pèsent
- Les documents personnels datés : convocations, plaintes, jugements, avis de recherche, articles nommant la personne.
- Les certificats médicaux constatant des séquelles, rédigés en termes cliniques.
- Les témoignages circonstanciés, avec pièce d’identité de leur auteur.
- La documentation sur le pays d’origine, récente et émanant de sources reconnues, rattachée précisément à la situation invoquée.
- Les traductions : les pièces en langue étrangère doivent être traduites pour être utilement examinées.
Ce que fait le cabinet
Analyse des motifs du rejet, rédaction du recours, recherche et mise en forme des pièces, demande d’aide juridictionnelle lorsqu’elle est ouverte, préparation à l’audience et plaidoirie devant la Cour.
En cas de rejet, l’examen des autres voies possibles : pourvoi lorsqu’une erreur de droit est caractérisée, réexamen en cas d’élément nouveau, ou demande de titre de séjour sur un autre fondement.
Questions fréquentes
Puis-je rester en France pendant le recours ?
Oui, en principe. Lorsque le recours est formé dans le délai d’un mois, le droit de se maintenir sur le territoire dure jusqu’à la lecture en audience publique de la décision de la Cour, ou jusqu’à la signature de l’ordonnance si l’affaire est jugée ainsi (art. L. 542-1 du CESEDA). Cela vaut aussi en procédure accélérée.
L’article L. 542-2 prévoit des exceptions : décisions d’irrecevabilité, demandes de réexamen, décisions de clôture, ou rejet dans certaines situations. Dans plusieurs de ces cas, une demande de suspension de la mesure d’éloignement peut être présentée au tribunal administratif (art. L. 752-5 et suivants).
Combien de temps la CNDA met-elle à juger ?
Le code fixe à la Cour un délai de cinq mois à compter de sa saisine en formation collégiale, ramené à cinq semaines lorsqu’elle statue à juge unique — notamment sur les décisions prises en procédure accélérée et sur les décisions d’irrecevabilité (art. L. 532-6 du CESEDA).
Ce sont des délais impartis à la Cour, non des délais constatés : en pratique, l’attente est plus longue. Le droit au maintien sur le territoire couvre toute cette période.
Puis-je produire de nouvelles pièces devant la Cour ?
Oui. La Cour statue au vu de la situation existant au jour où elle juge : des éléments obtenus après l’entretien à l’OFPRA peuvent être produits, sous réserve des règles de procédure sur la date de leur dépôt.
Que se passe-t-il si la CNDA rejette aussi ?
Le droit au maintien sur le territoire prend fin et une mesure d’éloignement peut être notifiée. Trois voies restent à examiner : le pourvoi en cassation devant le Conseil d’État s’il existe une erreur de droit, le réexamen en cas d’élément nouveau, et la demande de titre de séjour sur un autre fondement.
L’aide juridictionnelle est-elle possible devant la CNDA ?
Oui, et le calendrier est ici décisif. La demande doit être adressée au bureau d’aide juridictionnelle de la Cour dans les quinze jours de la notification de la décision de l’OFPRA (art. 9-4 de la loi du 10 juillet 1991).
Présentée dans ce délai, elle interrompt le délai de recours d’un mois, qui repart pour la durée restante à compter de la décision du bureau. Présentée après, elle n’a aucun effet interruptif : le délai continue de courir et le recours doit être déposé sans attendre.
Quelle différence entre statut de réfugié et protection subsidiaire ?
Le statut de réfugié répond à une crainte de persécution rattachée à un motif de la Convention de Genève. La protection subsidiaire vise des menaces graves qui n’entrent pas dans ces motifs.
La conséquence pratique tient au titre délivré : le réfugié reçoit une carte de résident de dix ans (art. L. 424-1 du CESEDA) ; le bénéficiaire de la protection subsidiaire reçoit une carte de séjour pluriannuelle d’une durée maximale de quatre ans (art. L. 424-9), et peut obtenir une carte de résident de dix ans après quatre années de résidence régulière.
Procédures liées
Demande de réexamen →
Faire examiner le rejet
Un premier examen de la décision permet de dire quels motifs peuvent être combattus et avec quelles pièces.
Transmettre la décision
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Textes applicables
- CESEDA, livre V — asile
- Convention de Genève, art. 1er A 2
- Règlement intérieur de la CNDA
Références à vérifier et à lier vers Légifrance.
