Contentieux disciplinaire · Suspension d’urgence

Suspendu en urgence par le directeur général de l’ARS

Cinq mois au plus, audition sous trois jours, recours devant le tribunal administratif jugé en quarante-huit heures. Une mesure grave, enfermée dans des délais courts.

Ce qu’il faut sous la main

  1. L’arrêté de suspension et sa date de notification.
  2. La convocation à l’audition, ou le procès-verbal si elle a déjà eu lieu.
  3. Les éléments médicaux ou professionnels invoqués par l’ARS.
  4. Vos justificatifs  : formations, suivi médical, organisation du cabinet.

Le recours devant le tribunal administratif est jugé en quarante-huit heures.

Une suspension immédiate vient d’être prononcée ? Les délais de l’article L. 4113-14 du code de la santé publique.

5 mois

Durée maximale de la suspension immédiate du droit d’exercer

3 jours

Délai dans lequel le praticien doit être entendu après la décision

48 h

Le tribunal administratif, saisi d’un recours, statue en urgence dans ce délai

2 mois

Délai imparti à la chambre disciplinaire ou au conseil régional saisi pour statuer ; à défaut, saisine du niveau national, puis fin de la suspension

Une suspension immédiate en cas de danger grave

En cas d’urgence, lorsque la poursuite de son exercice par un médecin, un chirurgien-dentiste ou une sage-femme expose ses patients à un danger grave, le directeur général de l’agence régionale de santé peut prononcer la suspension immédiate du droit d’exercer, pour une durée maximale de cinq mois (art. L. 4113-14 du code de la santé publique). Le praticien est entendu au plus tard dans les trois jours suivant la décision.

Le directeur général informe immédiatement le président du conseil départemental et saisit sans délai le conseil régional lorsque le danger est lié à une infirmité, un état pathologique ou une insuffisance professionnelle, ou la chambre disciplinaire de première instance dans les autres cas. Il peut mettre fin à la suspension à tout moment lorsqu’il constate que le danger a cessé.

Contester la suspension devant le tribunal administratif

Le praticien suspendu peut exercer un recours devant le tribunal administratif, qui statue en urgence dans un délai de quarante-huit heures. Le juge vérifie l’existence d’une urgence et d’un danger grave pour les patients, la régularité de la procédure — motivation, audition — et la proportion de la mesure.

La suspension n’est pas une sanction : elle ne préjuge pas de la faute. Mais ses effets sont immédiats et lourds — arrêt de l’activité, information des patients et des organismes. Le recours se prépare dans les heures qui suivent la notification, avec un dossier montrant que le danger allégué n’est pas établi ou a cessé.

Suspendu depuis quelques heures ?

Le recours se juge en quarante-huit heures. Appelez avant toute autre démarche.

Ce qui se passe pendant les cinq mois

Le conseil régional ou la chambre disciplinaire saisi doit statuer dans les deux mois. À défaut, l’affaire est portée devant le conseil national ou la chambre disciplinaire nationale, qui dispose à son tour de deux mois. Faute de décision dans ces délais, la suspension prend fin d’elle-même.

Deux voies s’ouvrent ainsi selon le motif : l’insuffisance professionnelle ou l’état pathologique, qui peuvent conduire à une suspension temporaire assortie d’une obligation de formation ou de soins, et la faute déontologique, jugée par la chambre disciplinaire. La défense n’est pas la même dans les deux cas.

  • Absence d’urgence ou de danger grave caractérisé.
  • Audition non organisée dans les trois jours.
  • Décision insuffisamment motivée.
  • Mesure disproportionnée : restriction d’activité possible plutôt que suspension totale.
  • Dépassement des délais par les instances ordinales : fin de la suspension.

Ce que fait le cabinet

Recours devant le tribunal administratif dans les heures suivant la notification, préparation de l’audition devant le directeur général de l’ARS, puis défense devant le conseil régional ou la chambre disciplinaire selon la voie engagée.

Constitution du dossier démontrant l’absence de danger ou sa cessation : attestations, suivi médical, formation, réorganisation de l’activité.

Questions fréquentes

Puis-je continuer à exercer en attendant le recours ?

Non. La suspension est immédiate et exécutoire. Exercer malgré la suspension constitue un exercice illégal. Seule une décision du tribunal administratif ou de l’ARS peut y mettre fin.

La suspension concerne-t-elle toutes les professions de santé ?

L’article L. 4113-14 vise les médecins, chirurgiens-dentistes et sages-femmes. Des dispositions voisines existent pour les pharmaciens et les autres professions réglementées. Le cabinet vous indique le texte applicable.

Que devient ma patientèle pendant la suspension ?

Le praticien doit organiser la continuité des soins : information des patients, orientation vers des confrères, remplacement dans les conditions prévues par le code. L’ordre peut y aider.

La suspension peut-elle être renouvelée ?

La suspension immédiate est limitée à cinq mois. Elle ne peut se prolonger que par une décision des instances ordinales saisies — suspension temporaire pour insuffisance professionnelle ou état pathologique, ou sanction disciplinaire.

La suspension est-elle rendue publique ?

Elle est notifiée aux organismes et autorités concernés, et les patients doivent en être informés pour la continuité des soins. Elle ne constitue pas une sanction et n’est pas inscrite comme telle.

Procédures liées

Quarante-huit heures

Le tribunal statue en deux jours. Le dossier se construit dès la notification de l’arrêté.

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Textes applicables

  • Code de la santé publique, art. L. 4113-14 — suspension immédiate
  • Code de la santé publique, art. R. 4113-111 à R. 4113-114
  • Code de la santé publique, art. L. 4124-11 — insuffisance professionnelle et état pathologique
  • Code de justice administrative — référés

Références vérifiées sur Légifrance le 9 septembre 2026.