Droit civil · Contrats
Contrat inexécuté : mise en demeure, exécution forcée, résolution
Le code civil offre plusieurs sanctions de l’inexécution, cumulables quand elles sont compatibles. Le choix dépend de ce que vous voulez obtenir : sortir du contrat, ou le faire exécuter.
Ce qu’il faut sous la main
- Le contrat et ses annexes, devis, conditions générales.
- Les échanges : courriels, courriers, relances.
- La mise en demeure déjà envoyée, avec son accusé de réception.
- Les preuves de l’inexécution : constats, photographies, factures de reprise.
La prescription de droit commun est de cinq ans (art. 2224 du code civil).
Une inexécution à sanctionner ? Les délais et les étapes.
5 ans
Prescription de l’action, à compter du jour où vous avez connu les faits (art. 2224 du code civil)
Mise en demeure
Préalable en principe nécessaire à la résolution et aux dommages et intérêts (art. 1224 et 1231)
Clause résolutoire
Elle joue par simple notification, après mise en demeure infructueuse (art. 1225)
1 mois
Délai d’appel du jugement (art. 538 du code de procédure civile)
Sur cette page
Cinq sanctions, à choisir ou à cumuler
Face à une inexécution suffisamment grave, le créancier peut refuser d’exécuter ou suspendre sa propre obligation, poursuivre l’exécution forcée en nature, obtenir une réduction du prix, provoquer la résolution du contrat, et demander réparation des conséquences de l’inexécution (art. 1217 du code civil). Ces sanctions se cumulent lorsqu’elles sont compatibles ; des dommages et intérêts peuvent toujours s’y ajouter.
L’exécution forcée en nature peut être demandée après mise en demeure, sauf impossibilité ou disproportion manifeste entre son coût pour le débiteur et son intérêt pour le créancier (art. 1221). Le créancier peut aussi faire exécuter l’obligation par un tiers aux frais du débiteur, dans un délai et à un coût raisonnables (art. 1222).
Sortir du contrat : trois voies
La résolution résulte soit d’une clause résolutoire, soit d’une notification du créancier au débiteur, soit d’une décision de justice (art. 1224). La clause résolutoire précise les engagements dont l’inexécution entraîne la résolution ; elle ne joue qu’après une mise en demeure infructueuse mentionnant expressément la clause, sauf si le contrat prévoit qu’elle résulte du seul fait de l’inexécution (art. 1225).
La résolution par notification suppose une inexécution suffisamment grave et une mise en demeure préalable, sauf urgence ; le créancier agit à ses risques et périls et devra, en cas de contestation, prouver la gravité de l’inexécution (art. 1226). La résolution judiciaire, enfin, peut être demandée en justice en toute hypothèse (art. 1227). Les restitutions s’organisent ensuite selon les articles 1352 et suivants.
Un contrat qui n’est pas exécuté ?
Le contrat et les échanges suffisent pour dire quelle sanction est la plus utile.
Dommages et intérêts et clauses du contrat
Le débiteur est condamné au paiement de dommages et intérêts, soit à raison de l’inexécution, soit à raison du retard, s’il ne justifie pas que l’exécution a été empêchée par la force majeure (art. 1231-1). Ne sont réparables que les dommages prévisibles lors de la conclusion du contrat, sauf faute lourde ou dolosive (art. 1231-3).
Les clauses du contrat pèsent : clause pénale, que le juge peut modérer si elle est manifestement excessive ou dérisoire (art. 1231-5), clause limitative de responsabilité, qui ne couvre pas la faute lourde, clause de non-concurrence, conditions générales. Leur lecture est le premier travail.
- Mise en demeure précise, datée, avec accusé de réception.
- Inexécution suffisamment grave pour justifier la résolution.
- Clause résolutoire visée expressément dans la mise en demeure.
- Préjudice prouvé et chiffré, prévisible lors de la conclusion.
- Clause pénale ou limitative de responsabilité à discuter.
Ce que fait le cabinet
Lecture du contrat et des échanges, choix de la sanction adaptée, rédaction de la mise en demeure et de la notification de résolution, négociation d’une issue amiable ou d’une transaction, puis assignation devant le tribunal judiciaire ou le tribunal de commerce, et référé lorsque l’urgence le justifie.
Le cabinet intervient en demande comme en défense, pour les particuliers et les entreprises.
Questions fréquentes
Puis-je arrêter de payer si l’autre partie n’exécute pas ?
Oui, si l’inexécution est suffisamment grave : c’est l’exception d’inexécution (art. 1219). Elle s’exerce à vos risques : si l’inexécution adverse est jugée mineure, votre propre suspension devient fautive.
La mise en demeure est-elle obligatoire ?
En principe oui, pour la résolution, l’exécution forcée et les dommages et intérêts moratoires. Elle est dispensée en cas d’urgence, d’impossibilité définitive ou lorsque le débiteur a déclaré qu’il n’exécuterait pas.
Un contrat verbal se prouve-t-il ?
Au-delà de 1 500 euros, la preuve d’un contrat entre particuliers exige en principe un écrit ; entre commerçants, elle est libre. Courriels, virements, factures et commencement d’exécution peuvent suppléer l’absence d’écrit dans certaines conditions.
Quel délai pour agir ?
Cinq ans à compter du jour où vous avez connu ou auriez dû connaître l’inexécution (art. 2224). Certains contrats ont des délais propres, plus courts : ventes commerciales, transports, assurances.
Le juge peut-il réviser le contrat ?
En cas de changement de circonstances imprévisible rendant l’exécution excessivement onéreuse, la partie lésée peut demander une renégociation, puis, à défaut, la révision ou la fin du contrat par le juge (art. 1195), sauf si elle a accepté d’en assumer le risque.
Procédures liées
Avant d’envoyer la mise en demeure
Elle fixe le cadre de tout ce qui suit. Le cabinet la relit ou la rédige.
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Textes applicables
- Code civil, art. 1217 à 1231-7 — inexécution du contrat
- Code civil, art. 1195 — imprévision
- Code civil, art. 1352 et suivants — restitutions
- Code civil, art. 2224 — prescription
Références vérifiées sur Légifrance le 9 septembre 2026.
